Le zoom des ALLIÉS : LES 50’s DE LA CALIFORNIE
Entre Midcentury Modern et culture underground !​

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LES 50’s DE LA CALIFORNIE : entre Midcentury Modern et culture underground !

Plus qu’une simple idée, la Californie a su véhiculer un lifestyle cool, décontracté à travers le monde. 

De l’architecture à l’art, du mobilier à la musique, du cinéma aux affiches, ce style de vie a vu le jour dans les années 50. Comme j’adore ces années, je vous propose une plongée dans cette décennie. Entre milieu underground californien et essor du modernisme architectural américain, installez-vous confortablement dans votre canapé et profitez ! Nous nous concentrerons sur le cinéma, la culture ride et surf dans un prochain article.

Bienvenue dans un nouvel article des ALLIÉS, vous êtes à nouveau en bonne compagnie !

Photo de couverture de l'article sur la Californie des années 50 avec un album de Miles Davis à gauche et une villa du Case Study House Program à droite

POURQUOI ON EN PARLE ?​

Ah la Californie ! Nous l’aimons pour son soleil, l’esprit chill qui émane de ses habitants … et pour l’imaginaire qui va avec ! Les grands studios de cinéma et, plus récemment, la Silicon Valley ont forgé le mythe californien ! 

Toute la France a déjà entendu parler de ce lifestyle. Et c’est justement pour son ampleur au sein de la société française que nous souhaitons évoquer le sujet !

De fait, depuis notre visite du ranch Théodore Wirth, nous nous sommes aperçus qu’il y avait un véritable sujet de fond à aborder !

midcentury Noir et Blanc d'une Sculpture du Couple Eames réalisée dans les années 50 en Californie.

Un sujet méconnu...

Le retour en force du vintage reprend certains codes de cette époque comme le Midcentury Modern par exemple. Paradoxalement, peu de personnes connaissent les origines de l’esthétique « cool » californienne. Les années 50 ont longtemps été perçues comme le terreau d’une culture majoritairement axée sur l’architecture moderniste. Le milieu artistique semblait underground, se développant en marge de l’expressionisme abstrait et du milieu artistique newyorkais.

Et pour ça, rien de tel qu’un petit retour aux fondamentaux !

Photo en Noir et Blanc de Brad Pitt et Angelina jolie dans une maison Moderne Californie des années 50

ÉTAT DES LIEUX

C'est quoi ?

Couverture du magazine Art&Architecture de Février 1958 midcentury

L’esthétique « cool » californienne est principalement rattachée au style Midcentury Modern, à la musique jazz ainsi qu’à une approche beaucoup plus libre du monde de l’art. Elle concerne une période qui va de la fin des années 40 jusqu’au début des années 60.

Parmi les grands noms de l’époque, on retrouve Julius Shulman, William Claxton mais aussi des peintres comme Lorser Fietelson, des revues comme « Art & Archtecture » et bien d’autres ! Rassurez-vous, nous reviendrons en détails sur chacun des grands maîtres de cette époque !

L’esthétique chic, décontractée et cool de cette décennie a posé les jalons de la culture hippie mais aussi le lifestyle hipster et bobo… rien que ça !

Ça vient d'où ?

Les années 40

Durant cette décennie, tous les éléments se mettent en place pour les années 50. 

Dans le paysage et le climat de la Californie du Sud de NOMBREUX artistes et architectes européens immigrent et s’installent dans l’État. Rajoutez à ça une jeunesse américaine avide de prospérité, d’optimisme et surtout… de soleil ! Et vous obtenez un bon aperçu du climat qui régnait dans en Californie ! Les jeunes designers américains et autres musiciens de jazz d’avant-garde ont afflués en masse ! 

De ce fait, la démographie a radicalement changé en l’espace de quelques années. 

De plus, les innovations industrielles des temps de guerre ont servi aux maisons en construction ! 

L’acier, le verre, le béton ainsi que plastique moulé et le contreplaqué plié se sont répandus à vitesse grand V ! La multitude de peintres, cinéastes, designers et musiciens ont développés leurs propres codes inspirés des grands mouvements artistiques mondiaux. Le tout dans la partie Sud de la Californie !

californie en noir et blanc dans les années 50
Intérieur d'une maison moderne californienne des années 50 à Malibu design midcentury

Les années 50

C’est durant cette période que la côte Ouest incarne le mode de vie américain par excellence ! Hollywood et les films publicitaires vendent des jeunes gens bronzés, musclés qui jouent et font du sport sur la plage. Ambiance roadtrip, lunettes de soleil et planches de surf sur les plages californiennes…

Dans les villes et les campagnes, le modernisme californien voit le jour et se répand. Des maisons individuelles styles « ranch » apparaissent, entourées de jardins, garages et autres piscines et voitures luxueuses ! 

Là encore, nous devons le succès du modernisme californien à tout l’arsenal publicitaire employé qui a contribué à définir l’esthétique « cool » des années à venir !

De plus, malgré un contexte politique national assez tendu, la Californie conserve une réputation de tolérance qui attire de jeunes écrivains dont Jack Kerouac et Allen Ginsberg. Ce sont les fondateurs du mouvement Beatniks dont les valeurs influenceront largement la culture hippie de la décennie suivante. C’est une preuve supplémentaire que le lifestyle de cette décennie a impulsé les grands mouvements socio-culturels de l’Amérique !

POUR ALLER PLUS LOIN :

Les rêves fous de la « Beat Generation », le Figaro.

LES DIFFÉRENTS COURANTS ARTISTIQUES

C’est le moment où nous allons rentrer dans les détails ! Voici un petit tour d’horizon afin d’avoir un aperçu complet de ce qui se tramait en Californie à cette période ! Il y avait un véritable magma de mouvements et de groupes undergrounds qui ont influencé les générations futures ! 

De l’architecture à la peinture en passant par la photographie et le design graphique… c’est tout un écosystème qui définit cette esthétique du « cool » ! Vous allez voir… c’est passionnant !

La Ferus Gallery

Comment construire une scène artistique à partir de zéro tout en ne perdant pas son âme en cours de route ? 

C’est tout l’enjeu de la Ferus Gallery à la sortie de l’après-guerre. Elle a fourni les premiers artistes importants de Los Angeles entre 1957 et 1966 : Ed Kienholz, Ed Ruscha, Craig Kauffman, Wallace Berman, Ed Moses et Robert Irwin, et bien d’autres !

Ferus a eu plusieurs missions ! Servir de rampe de lancement à des artistes prometteurs (Craig Kauffman et Ed Ruscha entre autres) mais aussi solidifier des carrières comme celles de Roy Lichtenstein, Andy Warhol, Donald Judd, Frank Stella, Robert Rauschenberg et Jasper Johns etc…

C’est dire l’impact et le réseau que ces gens avaient !

Ferus a changé le monde artistique de Los Angeles.

Sous la direction de Walter Hopps, puis d’Irving Blum, la galerie a réussi à faire pour l’art de Los Angeles ce que les musées ne pouvaient pas auparavant : créer un lieu où les artistes partagent des idées, des objectifs, des espaces de travail ainsi qu’une vision durable de l’art. (Même s’il existait des divergences !)

En 9 ans d’existence, ils sont passés d’un groupe de jeunes idéalistes à une bande d’artistes compétitifs et brillants. 

C’est un véritable tour de force ! 

« FERUS AVAIT UNE APPROCHE BEAUCOUP PLUS LIBRE POUR MONTRER L’ART. […] L’ARTISTE EST LE PATRON. »

Ed RUSCHA

Photo en Noir et Blanc de la Ferus Gallery en Californie

Pour la petite histoire...

Tout débuta fin 1956 lorsque Walter Hopps rencontra l’artiste Ed Kienholz. Autour d’un hot-dog, boulevard La Cienega, les deux amis souhaitaient faire bouger les choses dans l’État ! Ils rédigèrent, sur un emballage de hot-dog, un contrat qui déclare simplement :

« Nous serons partenaires dans l’art pendant cinq ans. » 

La Galerie Ferus était née.

Architecture moderniste du Midcentury

Certainement la partie que vous attendiez tous !

L’architecture moderniste californienne du milieu du siècle est ultra réputée encore aujourd’hui ! Souvent qualifiée de « West Coast Bauhaus », elle a eu un impact concret et durable largement visible sur les cartes postales de cette époque ! (Faut dire que j’en ai plein à la maison !)

C’est le véritable symbole d’une urbanité confiante, servant d’arrière-plan aux films hollywoodiens, défilés de mode et autres évènements mondains de la décennie ! 

Si on veut se montrer pragmatique… on peut clairement affirmer que les annonceurs haut de gamme s’en sont servit pour vendre aussi bien des voitures de luxe, des cartes de crédit, des services d’investissement et d’autres joyeusetés !

Interieur de design Midcentury Modern utilisé par hollywood dans les années 50 vintage

L'impact du Case Study House Program

Si vous connaissez le célèbre magazine « Art & Architecture » alors peut-être avez-vous entendu parler de son rédacteur en chef : John Entenza ! C’est l’homme derrière le « Case Study House Program », une expérience architecturale lancée en 1945. Dès les premières pages du magazine, l’objectif est simple : influencer les goûts du public et l’industrie du bâtiment en promouvant le style moderne post Seconde Guerre Mondiale.

Comment ? 

En initialisant 36 expériences low-costs au style résidentiel moderne qui puissent être rapidement réplicable pour séduire les familles américaines. Sur les 36 « cas d’études » (« Case Study » N.D.L.R), 24 types furent construites. C’est une prouesse architecturale peu commune !

De plus, ce cher John avait du réseau ! Au lancement de l’expérience de 45 à 49, un line up d’architectes exceptionnels était au rendez-vous : Richard Neutra, Julius Ralph Davidson, le couple Eames etc… 

Et si cela ne vous suffit pas, des noms comme Koening, Ellwood, Hensman et Raphael Soriano viendront étoffer le programme la décennie suivante.

Avec le « Case Study House Program », c’est tout un business qui se met en place !

La construction des « cas d’études » se fait par des dons de matériaux et d’installations offertes par des manufactures en échange d’un peu de promotion. Cela ne s’arrête pas là. John Entenza organise de grandes visites ouvertes au public. Il utilise tous les moyens disponibles pour faire connaître les entreprises au public local, national et international.

Cette expérimentation a façonné le design résidentiel de tout un état en promouvant une esthétique cool, moderne et abordable comprenant un mobilier sophistiqué et épuré. Son impact sociétal, économique et culturel est indéniable.

LA PEINTURE HARD-EDGE

Là, on s’attaque à de l’underground comme on aime !

L’hard-edge… c’est de l’expressionnisme abstrait à la sauce californienne. Ce mouvement pictural est né du désert de L.A dans les années 50 ! Les transitions entre les couleurs sont brutes, les formes sont géométriques, les inspirations vont de l’Op Art au Color Field Painting

De fait, sa contribution à la diffusion d’une esthétique californienne cool et décontracté est indéniable. Sans compter sa reconnaissance sur la scène artistique mondiale ! Et justement… les deux artistes présents illustrent assez bien les divers branches de ce courant artistique.

Peinture de Karl Benjamin réalisée en 1957 intitulée Small Planes

Karl BENJAMIN

Peintre autodidacte, il a baigné dans l’imagerie russe constructiviste et les expériences bauhausiennes. Ces influences se retrouvent dans les compositions et les formes qu’il développe dans ses toiles. 

Le mélange de formes dentelées avec des couleurs idiosyncrasiques donne à ses œuvres un aspect « bold » abstrait parmi les plus identifiables de l’époque ! (A titre personnel, ça m’évoque les décors de « La Panthère Rose !)

De plus, son succès quasi-immédiat l’amène à s’installer définitivement dans le Claremont en Californie. Il y enseignera l’art et la peinture aux futures générations d’artistes. La classe !

Lorser FIETELSON

Là on s’attaque à un des pionniers de la peintre abstraite de la côte Ouest américaine. Contrairement à Karl Benjamin, Lorser avait déjà une certaine notoriété dans le milieu artistique américain. (C’est le co-fondateur du post-surréalisme en 1934.) 

Mais son arrivée en Californie marque une étape importante dans sa carrière. Elle l’amènera à approfondir sa pratique de l’abstraction dont sa série « Magical Space » (photos ci-dessous) constitue un point d’orgue dans sa carrière. 

Elle marque les esprits lors de l’exposition Four Abstract Classicists en 59 (un évènement majeur dans la vie culturelle californienne) ! 

Dans cette série, la présence de plans plats et angulaires, des couleurs vives et des formes courbes détonne. Ces caractéristiques amplifient l’aspect « cool » et décontracté de la peinture Fietelson et de la peinture abstraite californienne à travers lui.

Feitelson Magical space forms 1963
magical-space-forms-black-fuchsia-1951

LA PHOTOGRAPHIE

Autant être honnête, la photographie des années 50 est un incontournable de cette décennie.

Ce n’est pas un hasard si nous avons choisi de présenter deux photographes bien distincts ! William Claxton et Julius Shulman illustrent, à eux seuls, deux aspects de l’esthétique cool et californienne des années 50. 

L’un est réputé pour ses portraits de jazzmans, l’autre pour ses tofs de maisons midcentury modern.

Ray Charles par Claxton en Noir et Blanc dans les années 50

William CLAXTON

Photographe invétéré, il est connu pour ses portraits de musiciens célèbres comme Ray Charles, Duke Ellington, Chet Baker, Gerry Mulligan Quartet ou encore Sunny Rollins. C’est simple ! Si vous aimez une couverture d’album de l’un d’entre eux, il y a de fortes chances pour que ce soit ce bon Willy qui ai shooté la photo !

Mais… en quoi ces tofs ont-elles contribuées à l’esthétique « cool » de la Californie ?

William Claxton su rendre le « cool » désinvolte et rebelle. Ses photographies mettent en scène le jazz dans des décors variés (du désert californien pour « Way Out West » de Sonny Rollins au fond neutre d’Ornette Coleman). 

Elles abordent des questions profondes comme l’impermanence de toute chose sauf du jazzman et de son instrument par exemple. Son travail a énormément popularisé le jazz « West Coast » à travers le monde. (Personnellement, je reste un grand amateur de ses photographies.)

"LA PHOTOGRAPHIE EST LE JAZZ DU REGARD "

Willliam CLAXTON

Chet Baker par Claxton en Noir et Blanc
Photo en Noir et Blanc de la Stahl House par Julius Shulman design midcentury moderne

Julius SHULMAN

C’est certainement l’un des photographes les plus connus du XXème siècle aux côtés de Cartier-Bresson, Newton et Capa !

Les puissantes images de Shulman sur l’architecture moderniste ont été l’un des facteurs critiques du regain d’intérêt pour cette période. Il a donné un sens du « nouveau » à ce style architectural. Ses photos ont été publiées dans le magazine « Art & Architecture » dans le « Case Study House Program ». 

Ce photographe restera dans l’histoire pour sa photographie de la « Kaufmann House » ci-dessous.

C’est photographies est une des plus reproduites de tous les temps. Cette image de la femme de l’architecte Kaufman se prélassant au bord de la piscine, le soleil se couchant derrière la maison et profilant la montagne en arrière-plan… tout est sublime. Son intemporalité démocratise le lifestyle style Midcentury modern californien à travers le monde.

Photo prise par Julius Shulman en noir et blanc de la Case Study House Program numéro 21 villa californie vintage

Pour la petite histoire… 

Cette photographie a tellement impressionné Kaufmann qu’il lui a demandé de photographier davantage de ses dessins. Ce fut le coup d’envoi d’une carrière extraordinairement longue et brillante.

LE DESIGN GRAPHIQUE DE LOS ANGELES

Première réalisation de Alvin Lustig en 1942. Cela représente un prjecteur sur un fond noir et rouge

Alvin LUSTIG

Voici une figure d’une grande importance dans l’adaptation du modernisme aux codes du design graphique.

Il a réalisé des typographies, des livres, des designs périodiques, des designs de publicité et des produits de design d’intérieur. Il a donc emmagasiné énormément d’expériences qui ont façonné son style.

Sa philosophie ?

La forme visuelle possède la capacité de communiquer des idées dans toutes les activités et pour tous les publics. Ses œuvres, son enseignement et ses écrits réitèrent cette position avec beaucoup d’énergie et de clarté. Il réinvente les typographies, joue avec les symboles, mélange les formats et l’espace de la feuille.

Le travail effectué pour la New Direction Press de James Laughlin est un bon indicateur de son style ouvert et singulier ! (Photo ci-dessous) Le concept est simple : publier de la littérature moderne dans des éditions de poche abordables avec un style unique.

Cherchant une façon d’exprimer la qualité unique du livre choisi, il créé des couvertures « personnalisées ». Il y a autant de typographies qu’il y a de livres présents. Elles font un parallèle entre l’histoire du livre et la personnalité de chaque auteur. Fait assez symptomatique de l’époque, sa signature est présente sur ses couvertures.

Il est devenu au fur et à mesure des années un des ambassadeurs de cette esthétique moderniste californienne des années 50 qui inspirera des générations de designers graphiques !

danziger flax logo noir et blanc

Louis DANZIGER

Voici un graphiste prolifique et efficace qui a commencé sa carrière dans la Californie des 50’s. Avec plus d’un millier d’œuvres à son compteur (publicité, couvertures de livres, magazines, logos et autres pochettes d’album), Danziger est un incontournable du design graphique californien !

Prônant clarté, économie de moyens et honnêteté vis-à-vis de son public, il réalise aussi bien des œuvres pour de grandes entreprises (Flax Artist’s Material) que pour l’enseignement californien (UCLA). 

En avance sur son temps, il va être un des premiers à utiliser la photographie dans la publicité et superposer des négatifs pour créer une nouvelle image.

"JE VEUX DES SOLUTIONS QUI RENDENT DIFFICILE LA SEPARATION ENTRE LA FORME ET LE CONTENU. "

Louis DANZIGER

danziger portrait en noir et blanc - lunettes

Son goût pour la simplicité et l’épuration est apprécié ! Personnellement, je trouve que cela renforce l’intemporalité visuelle de son style graphique. Il émane de son taf une certaine froideur, contrebalancée par sa profonde aversion pour le style moderne californien et l’utilisation de couleurs primaires et vives. 

En bref, un graphiste profondément anticonformiste qui a contribué, malgré lui, à populariser l’esthétique moderne/ cool californienne à travers le monde.

Nous arrivons à la fin de cet article ! Comme vous avez pu le voir, c’est dans cette décennie que se sont planté les graines des grands changements sociétaux et culturels des dernières décennies ! A titre personnel, j’aurais aimé vous présenter davantage d’éléments ! Mais l’article aurait été trop long ! 

Pour ça… j’ai une solution ! Je vous donne rendez-vous dans un prochain article pour en apprendre plus sur  le cinéma, la culture ride et surf de la Californie !

J’espère que cet article vous a plu ! N’hésitez pas à aller voir notre sélection d’incontournables du Workwear/Military !

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