Dossier : Le retour de la photographie argentique… VRAIMENT ?! Vol 4
Notre avis définitif...

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DOSSIER : Le retour de l'argentique... VRAIMENT ?! Vol 4

BIENVENUE DANS LE DERNIER VOLET DE NOTRE DOSSIER SUR LA PHOTOGRAPHIE ARGENTIQUE !

Ah… Ravis de vous retrouver ! Le premier volet a fait le point sur le contexte actuel, le second s’est consacré aux preuves du retour de l’argentique, le troisième a mis en lumière deux marques (Kodak et Polaroid) et leur santé économique à l’aube de la nouvelle décennie. Dans ce dernier numéro, nous rendons notre verdict. Alors, assiste-t-on au retour de l’argentique ?

Bienvenue dans un nouvel article des ALLIÉS ! Vous êtes à nouveau en bonne compagnie…

Photo de Mohamed Ali et Sonny Liston sur un ring de boxe.

Ci-dessus, une photo ayant contribuée à établir la légende du « Greatest of all Times » Mohamed Ali, seulement âgé de 22 ans. Prise par Neil Leifer, elle montre le K.O de Sonny Liston (grande figure de la boxe américaine) face au futur champion du monde. Une photo intemporelle ayant figé l’image charismatique du boxeur pour des générations ! Suite à cette dernière, Neil Leifer a couvert tous les autres matchs de The Greatest jusqu’à la fin de sa vie.

Preuve s’il en est que la pellicule a accompagné l’histoire des plus grands sportifs du monde…

UN RETOUR INDÉNIABLE...

Des tendances qui gagnent du terrain !

Malgré la situation sanitaire ayant aggravé la précarité des photographes professionnels et amateurs, l’argentique reste présent. Nous l’avons clairement constaté dans le volet 2 avec le vintage, les laboratoires en libre-service et la photographie instantanée. 

Ces tendances touchent de nouveaux publics et se diversifient. De nouvelles apparaissent chaque année comme le « cottagecore » par exemple. Cette dernière reprend l’esthétique du 19ème siècle et transpire le rétro/vintage. La photo de droite illustre ce phénomène. 

Dans tous les cas, le grand public est à nouveau sensibilisé au grain et à l’esprit argentique. Comme si l’idéal de beauté lancé par la photographie numérique était en train de se refermer lentement. 

Photo d'un homme portant un pantalon couleur Camel et un pull en laine couleur bleu marine dans un champ.
Coucher de soleil format vertical avec la mer à l'horizon.
Photo d'un intérieur avec des tableaux posé sur un mur, avec l'ombre. La photo a été prise par Miguel Triano

Une chose en amenant une autre, l’augmentation croissante de la consommation d’argentique incite les médias à s’emparer du sujet. Ainsi a-t-on vu fleurir des blogs amateurs, des livres et autres articles de médias locaux et nationaux.

L’argentique occupe de plus en plus le champs médiatique, c’est indéniable !

Des entreprises qui investissent !

Sur le banc des marques, la concurrence s’organise. Fujifilm et Polaroid en tête, avec leurs appareils néo-rétro (One Step pour Pola’, Instax Mini 40 pour Fuji’) qui enchaînent les ventes. La photo instantanée grignote chaque année des parts de marché avec 10 millions de ventes en 2018 juste pour le Instax de Fujifilm. Même Kodak a augmenté le prix de ses pellicules argentiques en 2020, preuve de l’intérêt que porte lui porte le public.

Etonnamment, les grands absents sont principalement les marques ayant totalement misé sur le numérique (Canon entre autres). Seraient-elles en train de commettre le même pêché d’orgueil que Kodak en son temps ? Seul l’avenir nous le dira !

Photo d'une pellicule posée sur une table blanche. Un film entoure la pellicule. Un rayon de soleil l'éclaire.

... MOTIVÉ PAR DIVERSES ASPIRATIONS !

Un come-back des choses essentielles !

La pellicule sonne le retour aux moments importants de notre quotidien comme regarder un album photo en compagnie de ses enfants pour leur expliquer l’histoire familiale. Mais aussi prendre les photos dans nos mains pour en apprécier le grammage, les imperfections et la patine du grain. Parmi la longue, très longue liste des instants sacrés figure aussi la contemplation notre vieux boîtier en train de prendre la poussière faisant ressurgir d’innombrables souvenirs (météo, anecdotes, personnes présentes au moment de la prise de vue etc…).

Ce sont autant d’éléments importants dans la vie d’un homme que la pellicule permet de retrouver. Plus qu’une simple boîte à image, c’est tout un rapport aux relations sociales que provoque l’émergence de l’argentique. 

C’est le retour aux bons vieux « moments photos » légèrement délaissés par l’arrivée du numérique.

Mur de pellicule instantanée collées les unes aux autres.

« C'est le retour aux bons vieux "moments photos" légèrement délaissés par l'arrivée du numérique. »

Photo d'un père noir et de sa fille métisse, un album photo entre les mains.

L'influence du "Slow Life"

un appareil photo argentique posé sur une table en bois avec une décoration dorée en forme de fleur.

Comme l’évoquait Olivier dans le volet 1, l’argentique est par nature « slow », que ce soit dans son procédé de fabrication des images, de développement et dans l’utilisation future de l’image imprimée. Profiter de l’instant pour mieux s’en souvenir et mieux shooter amène inévitablement à réduire sa production et sa consommation de photographies. La passerelle avec le mouvement « slow life » n’est plus à prouver ! 

D’autant que l’aura médiatique dont bénéficie la tendance « slow » impacte inévitablement la visibilité de l’argentique chez ses adeptes. A la conquête de nouveaux publics, ce lifestyle a tout à gagner en pariant sur le retour à l’argentique ! 

Un globe terrestre posé sur une table avec des livres et de la pellicule instantanée.

MAIS CELA RESTE MINORITAIRE !

L’omniprésence du numérique.

Ne nous y trompons pas ! Même si l’argentique gagne du terrain, ce dernier reste quand même marginal ! Selon un dernier recensement, le nombre de boîtiers argentiques se compte aujourd’hui en millions. Un chiffre dérisoire à la vue des dizaines de millions d’appareils hybrides, compactes et reflex qui se vendent chaque année. En outre, les quelques 5.19 milliards de smartphones répartis dans le monde possèdent tous des capteurs photos numériques.

Une chose en amenant une autre, Nikon arrêtait de produire ses derniers appareils argentiques en octobre 2020. Loin d’être seule, la marque nippone rejoint la longue liste des constructeurs ayant jeté l’éponge aux côtés de Hasselblad et Pentax. Preuve définitive du positionnement des entreprises sur le marché.

"Avec l'arrivée d'internet et de la société digitale, le numérique a acté sa victoire."

Photo d'un Iphone avec du film noir sur fond blanc.

Le numérique a davantage conquit nos espaces personnels en s’insérant dans nos tablettes et autres smartphones. Cela a augmenté notre production et notre consommation d’images numériques a explosée (beaucoup plus que l’argentique en tout cas) !

Avec l’arrivée d’internet et de la société digitale, le numérique a acté sa victoire. Pour que l’argentique retrouve son aura d’antan, il faudrait POTENTIELLEMENT renoncer à l’ensemble de notre mode de vie actuel. Et de fait, à ce merveilleux magazine ainsi qu’à toutes les activités économiques en lien avec le web. 

Opter pour l’argentique est, de fait, un choix politique.

POUR ALLER PLUS LOIN, CLIQUEZ ICI !

« LA PHOTOGRAPHIE NE REPRODUIT PAS LE VISIBLE, ELLE REND VISIBLE. »

Richard AVEDON

Richard Avedon Noir et Blanc, portrait

Le vintage au service du numérique

Photo de l'Instant Lab de Polaroid avec un Iphone posé sur une table.

C’est une des nouvelles tendances qui surfe sur les plates-bandes de l’argentique.

Il ne s’agit plus de faire de la photo avec un boîtier traditionnel mais bien avec son téléphone pour l’imprimer sur papier photo. Cette nouvelle coutume peut en étonner plus d’un et pourtant, c’est ce vers quoi semble tendre le marché ! A ce titre, le retour en force de Polaroid est symptomatique de ce phénomène que l’on peut appeler : le vintage connecté. Avec ses nouveaux appareils connectables en USB et ses accessoires pour imprimer vos photos faites avec votre smartphone, Pola’ se démarque. 

Et c’est sans compter l’apparition de nouveaux acteurs dans des secteurs liés ce dernier comme les imprimantes portables et les applications mobiles qui en découlent. 

C’est clairement le nouveau nerf de la future bataille économique… et cela promet d’être  passionnant à observer !

Photo d'un appareil photo instantané noir, le One Step 1 de Polaroid.
Polaroid, pellicule et Itype, One Step blanc.

Cette mode étonnante comporte des enjeux économiques considérables et amène (à coup sûr) son lot de consommables et de débouchés financiers !

Mais ne nous y trompons pas ! Cette nouvelle tendance est une chimère qui imite l’argentique sans en reprendre la substantifique moelle. Quelle magie de l’instant se dévoile au moment de prendre une photo avec son téléphone ? 

Bien peu comparé au long processus de capture d’un boîtier argentique.

Et (encore) un paradoxe !

L’ironie concerne Kodak. En misant sur Ofoto pour (entre autres) imprimer des photos numériques sur papier en 2001, l’empire rouge et jaune est arrivé bien avant tout le monde… Malheureusement, elle fut vendue lors de la faillite de Kodak en 2012 (cf notre volet 3 sur l’histoire de Kodak et Polaroid) !

Pellicule Kodak jaune et noire sur une table mauve.

ZEISS PHOTOGRAPHY AWARD 2020

Photo carrée noir et blanc, femme au centre d'un matelas pour le Zeiss Photography 2020

Pour terminer ce dossier, nous vous proposons un focus sur un festival de photographie dont l’édition 2020 est révélatrice du retour de l’argentique.

Un Bronica SQA de 82′ en poche, KyeongJun Yang (Corée du Sud) est le lauréat du prix annuel décerné par la prestigieuse Organisation Mondiale de la Photographie. Sa série « Métamorphosis » a conquis le jury. L’étudiant coréen présente le parcours d’une étudiante chinoise immigré aux Etats-Unis avec toutes les questions d’identité et d’adaptations que cela impose. 

Un petit coup de cœur qui révèle la reconnaissance du milieu et l’intérêt que lui porte les jeunes générations.

J’espère que cet article vous a plu ! N’hésitez pas à jeter un œil à notre article sur la collaboration entre KLIPSCH et TONTON ET FILS.

D’ici là, n’oubliez pas qu’avec LES ALLIES, vous êtes en bonne compagnie !

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